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LA LETTRE DES AMIS DE

EXTRAITS

Hiver 2004-2005, n°20


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

BARBARA : UNE DAME DE CŒUR
par Valentin TERRER

De jour en nuit plus lent. Un peu plus indéchiffrable à autrui. Ma colère enfermée se tourne contre moi-même. Je perds de mon tranchant, encore un peu plus de ma vivacité. C'est la tienne qui m'échappe ! C'est toi qui me manques. Qui nous manque. Oxygène. Combien étions-nous donc à respirer ton air, à nous sustenter de ton énergie, à t'épuiser cependant que toi, tu nous en remerciais ? Je me violente un peu pour parvenir à écrire ces quatre mots : l'histoire n'est pas finie ! Mais… le temps que le souvenir, à coups de burin se taille sa place et sa forme en lieu et place de ta présence, le temps encore qu'il se peaufine et s'aiguise et se module dans un ciselé et une patine qui soient les plus dignes possible de ce qui l'inspira… ça fait un long temps.
Odeur amère de chrysanthèmes fanés, tout à coup. Pourquoi et d'où vient-elle ? Cinq heures du matin. In-sommeil total. Envie d'errance au "jardin de pierres posées"… Envie d'automne et de ses noirs sucs odorants. Ma joue contre le marbre glacé. Voyager avec toi. Inconsolable, sourire à l'ombre impalpable de ton bras dans le mien passé comme un foulard de brume, ma tête posée sur ton épaule tutélaire, céleste et translucide et n'être, de toi, consolé que par toi.
 

Un coeur de roses a été déposé par l’association en votre nom le 24 novembre sur la tombe de Barbara à Bagneux.

 SOLEIL NOIR : la disparition de Michel Colombier
par Bernard MERLE

Compositeur, arrangeur, orchestrateur, Michel COLOMBIER a vu son nom associé à ceux des grands du jazz et du classique, de la danse et du cinéma. Pour nous, il restera le coloriste originel des titres les plus emblématiques de Barbara : L'aigle noir. La dame brune. Ma plus belle histoire d'amour. Né le 23 mai 1939 à Lyon, cet artisan de l'ombre s'est éteint d'un cancer le 14 novembre dernier.
Michel Colombier a 22 ans quand Michel Magne, compositeur des chansons de Françoise Sagan, le présente à Eddy Barclay qui le nomme aussitôt directeur musical de sa maison de disques. Travaillant d'abord avec Aznavour, il orchestre en 1966 la première version du Je t'aime moi non plus de Serge Gainsbourg avec Brigitte Bardot, puis cette même année commence à collaborer avec Barbara.
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FINALE DU PRIX CHAPEAU BAS
 par Daniel SIMONET

 Belle effervescence ce vendredi soir 5 novembre dans le hall du théâtre de la Colline… c'est déjà la 3éme édition du prix Chapeau bas et premier coup au cœur d'une soirée qui sera riche en émotion : la salle est  pleine et il faut vite repérer les rares sièges encore vides si l'on ne veut pas rester debout.
Il est à peine 20 heures et Cathy SABROUX présente  avec beaucoup de bonne humeur le programme de la soirée. Nathalie KAUFMANN, responsable de la culture, adjointe de M. CHARZAT, maire du 20 ème, et grand maître d'œuvre avec son équipe de ce prix Chapeau bas en rappelle la vocation : "Aider à l'émergence de nouveaux talents dans la chanson d'expression française"

Sophie TEROL la lauréate de l'an passé ouvre la soirée en interprétant comme le veut la tradition la chanson titre de ce prix : belle et sobre interprétation où Sophie ne laisse éclater sa touche personnelle de fantaisie que dans le dernier couplet. Et voici dons les finalistes :
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CLAIRE LISE et ses musiciens leur succèdent pour nous plonger dans un tout autre univers bien particulier qu'elle chante sans concession.
Et voici Romain LEMIRE accompagné au piano par Raoul B avec trois chansons également, comme chaque candidat. Et l'on sent bien aux longs applaudissements de la salle après sa prestation, (...)

AGNES fait sa B.O. assume crânement le contraste avec le candidat précédent : de la folie (un peu), de la poésie, de l'humour et beaucoup de présence caractérisent  le fort potentiel de cette brillante interprète.

Enfin voici LES JOUEURS DE BIQUES : de la musique, de la présence, beaucoup de fantaisie. Ils associent une inventivité débridée à ce que la virtuosité a de plus convaincant.
C'est déjà le moment des délibérations  pour ne retenir qu'un seul vainqueur puisque c'est la règle :
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Incontestablement des ombres planent : Brel, Ferré…mais c'est bien Alain LEPREST qui de sa voix grave tient le public suspendu à ses textes  et à son interprétation bouleversante et déchirante de vérité… Longue ovation largement méritée pour ce parrain d'un soir
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ça y  est le jury regagne ses places …suspense… le vainqueur est :

LES JOUEURS DE BIQUES
surpris d'être à pareille fête, eux qui terminaient souvent deuxièmes dans ce genre d'épreuve, se comparant au "Poulidor de la chanson française". Trophées, remise de récompenses suivent, il y en a pour tous et c'est vraiment mérité !
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RADIO

Les hasards de l’actualité avaient réuni dans la même émission, outre Eniko Szilagyi, les chanteurs Vermeulen et Romain LEMIRE. Celui-ci, finaliste très remarqué du "Prix Chapeau Bas 2004" le 5 novembre dernier au Théâtre national de la Colline, a été à ce titre invité par la municipalité de Saint-Marcellin en Isère, là où se situent les souvenirs de Mon enfance, à chanter en juin 2005 lors du prochain "Festival Barbara".
Romain LEMIRE est du reste un fervent adepte de Barbara, qu’il a beaucoup écoutée et qu’il a eu la chance de voir sur scène à plusieurs reprises. Il lui rend hommage, ainsi qu’à tous les "grands" qui l’ont précédé, dans sa chanson Les doubles vitrages : "Bienvenue Barbara / Ô je pleure dans vos bras / Bonjour Monsieur Brassens / Hep ! on se serre la pince ? / Mais Brel a disparu / Jacques, ne me quitte pas / L’émotion est accrue / La conscience s’accroît / Alors c’est à mon tour de me mettre au piano / Je renifle les âmes de ces auteurs géniaux / Ça respire le grand large / Ça existe très haut… ". Qui dit mieux ?

N'attendez pas le mois de juin 2005 pour essayer de le voir et lisez attentivement l'article qui suit où ce jeune auteur  nous est présenté par "La Marzina" (Webzine ou Magazine Internet) qui publie sur internet un magazine mensuel où elle nous fait découvrir les nouveaux talents en mentionnant en plus les lieux et les dates de leurs spectacles.
lamarzina@hotmail.com

La 1ère fois que j' ai découvert l'écriture de Romain LEMIRE, citait lors de sa présentation en finale du Tremplin La Rose d'Or 2004 à l'Olympia : chaque candidat y présentait une seule chanson, et il avait choisi (en s' accompagnant seul au piano), la chanson où il décrit toutes les raisons (et les états d' âme) qui l'incitent à prendre sa plume : je m'y suis totalement reconnue.. .mais le présentateur (excellent clarinettiste, par ailleurs), à la fin de la chanson, (alors que Romain LEMIRE quittait la scène) a dit "beau physique de romantique !"... et je me suis dit "encore un qui n'a pas écouté les paroles : rien à voir !!!"
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Coline
par Valentin TERRER

Les sœurs Bronte sur Arte ; film d'André TECHINE de 1979. L a douleur de crier, le mal de vivre adolescents, le chagrin jusqu'à la nausée, jusqu'à l'étourdissement… Et cette phrase prononcée par Roland Barthes "La vie est trop courte pour l'art" ! Un film retrouvé mieux apprécié peut-être pour ce qu'il contient dorénavant de souvenirs, de passé et donc d'un peu d'éternité. Au générique la musique très belle est attribuée à Philippe Sarde. Pourtant une autre "petite musique" (encore une… ) attendait là, dans son écrin, son heure mystérieuse… Elle s'avança, du fond des images, dans sa poignante lenteur. Insensiblement, guidée comme par un chant de sirènes mon oreille la capta d'abord inconsciemment, puis la reconnut, la salua et l'enfourcha comme un nuage de songes. Cette même oreille qui autrefois, à la surprise de tous distinguait et identifiait à coup sûr la voix de Barbara même improbable, même lointaine. Elle me guidait à travers distances, portes et murs vers la source d'une radio…où l'on l'entendait si peu souvent ! Une "oreille" spécifique, infaillible située peut-être dans le cerveau, peut-être dans le cœur ? La "petite musique" était le Klavierstuck D.946 de Schubert, réinventé en 1990 par la voix de Barbara sur des mots de Jacques ATTALI : "Coline, ô ma douce, pourquoi mourir à quinze ans ?". La surprise et l'émotion furent grandes ; et beau le … comment le nommer ? Le hasard ? La variation sur un même thème ? La rencontre qui, pour nous, unissait à jamais, dans ce film-là et dans un temps déployé, TECHINE, Isabelle ADJANI et… BARBARA.
 

JULIETTE GRECO
 par Daniel SIMONET

  Il faudrait être bien présomptueux pour prétendre écrire deux à trois lignes sur Juliette GRECO sauf peut être pour dire simplement que c'est un réel bonheur de voir sur scène la dernière "Dame en noir" de la chanson française, de la voir si menue entrer par le fond de scène, s'accrocher pour une heure et demie à son micro, présenter à chaque chanson ses auteurs anciens (Messieurs Brel, Ferré, Gainsbourg, Prévert, etc., excusez du peu) ou nouveaux (Messieurs Carrère, Manset, Miossec, Biolay ou Bénabar, pas mal non plus) et les interpréter d'une voix intacte capable de passer du chuchotement à la puissance en un instant.

(...)

Merci Juliette Gréco, étoile à jamais au firmament de notre variété dont nous espérons qu’elle y brillera encore très longtemps.

  Juliette Gréco aux Francofolies de Montréal évoque Barbara
par Marie France DUVILLARD

 Le vendredi 2 juillet 2004 sur France 2 était diffusé dans l ‘émission Contre-courant un documentaire de Jaci JUDELSON : Je m’appelle Gréco. Dans ce document,  Juliette Gréco est filmée aux Francofolies de Montréal 2004, et elle évoque Barbara à deux reprises :

Dans sa chambre d’hôtel, elle sort une robe noire d’un sac qui est posé sur son lit. Son habilleuse est présente dans la chambre :
Juliette Gréco : "Tu la connais celle-là ? J’ai pensé que l’on pourrait s’en servir."
Habilleuse : "Il y a quelqu’un qui avait la même."
J.G. : "Barbara"
H. : "Oui"
J.G. : "On est deux au monde à avoir ça !"
Et Gréco met la belle robe sur un cintre, puis la range dans la penderie.

Plus loin dans le reportage, Gréco est interviewée dans sa loge des Francofolies de Montréal.
Journaliste :"On peut savoir à quoi vous pensez juste avant d’entrer en scène ?"
J.G. : "Je meurs de peur, je meurs de peur, ah, c’est terrible, c’est terrible, on a l’impression qu’on est bon à rien, à rien, que je vais tout oublier,  voilà. C’est comme ça, mais je sais qu’il y a des gens qui sont tranquilles, je les envie. Brel était mort de peur, Brassens était mort de peur, Ferré était fou furieux de peur, chacun à sa manières, Barbara…"
(...)

NOUS ECRIRE

"Les Amis de Barbara"
Maison des Associations 
Boîte 28

15, passage Ramey
75018 Paris
lesamisdebarbara@free.fr

"LA LETTRE DES AMIS DE BARBARA un même et multiple pays".

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